Un tweet, des milliards

​Salut ! Nous sommes le mardi 7 avril et voici Hypertextes Tech Eco Finance, la sélection des meilleurs contenus par Kessel.

HyperTextes Tech Eco Finance
5 min ⋅ 21/04/2026

Cette semaine, on vous parle :

des diffiultés de la greentech française, des réussites de notre fintech, d'une économie mondiale manipulée par la guerre et ses tenants, encore et toujours de l'IA qui bouleverse - ou pas ? - les ressources humaines des entreprises... et bien plus encore.

Avant ça : si vous en avez marre du réflexe d’auto‑flagellation des français, foncez écouter le dernier épisode du podcast Inside Banking avec Emmanuel Papadacci-Stephanopoli, qui nous rappelle que Paris fait partie des grands de la fintech européenne. Vous en ressortirez avec une grille de lecture simple, où un écosystème fintech solide repose moins sur la “bonne idée” ou la tech magique que sur une méthode complète qui combine stratégie, finance, juridique et exécution sur le terrain.

En Iran, Donald Trump ne lance pas seulement des missiles, il pilote aussi les marchés avec ses phrases. D’après Thierry Breton, ses déclarations agissent « comme celles d’un banquier central », déplaçant des centaines de milliards en quelques minutes.

À chaque menace d’« obliterate » l’Iran ou de le renvoyer à « l’âge de pierre », le Brent et le WTI (les grands indices du prix du pétrole) s’envolent, tandis que S&P 500, Dow Jones ou CAC 40 plongent avant de rebondir au moindre signe de désescalade. Les places asiatiques, très dépendantes du détroit d’Ormuz, réagissent quasiment en temps réel.

Breton parle de « missiles stratégiques verbaux ». La parole présidentielle devient un événement de marché à part entière, au même titre qu’une décision de la Fed. Sauf qu’ici, le doute stratégique et l’ambiguïté sont entretenus, créant une volatilité dont le clan Trump, très connecté aux fonds souverains du Golfe, est structurellement bien placé pour profiter.

La critique est nette : lorsque le président‑trader peut à la fois allumer et calmer l’incendie, l’essence payée par les ménages européens, la dette des États et l’épargne mondiale deviennent les variables d’ajustement de sa stratégie politique. Ce jeu comporte toutefois des risques. À force de répétition, les marchés s’habituent, et Trump pourrait être tenté de monter toujours plus le ton pour obtenir le même effet. Cela sans parler de l’anomalie démocratique qu’une telle concentration des pouvoirs constitue…

L'analyse de Thierry Breton est à lire dans Le Grand Continent

🤖 L’ENTREPRISE SANS HUMAINS AU CENTRE : Chez Jack Dorsey, l’entreprise doit devenir une « intelligence » qui génère seule sa feuille de route, les managers sont relégués en simples capteurs et 4 000 personnes sont remerciées au passage. ​Le texte du LibreJournal tombe pile en face, en rappelant que ces mêmes agents IA pourraient supprimer 20 à 30% des postes en France et qu’on a intérêt à sortir du pilotage automatique par les seuls intérêts privés si on veut garder un minimum de contrôle démocratique sur ce genre de “mini‑AGI” d’entreprise.

😱 FUITES EN SÉRIE CHEZ ANTHROPIC : En quelques jours, plus de 3000 fichiers internes, puis 512 000 lignes de code de Claude Code se retrouvent en libre accès à cause d’erreurs humaines répétées. Le hic, c’est que ces ratés exposent aussi une feuille de route d’agents hyper autonomes, façon Maître Claude et IA qui « rêve » pendant que vous dormez.

Tech Trash

🛰️ LE NUMÉRIQUE SE JOUE COLLECTIF : À Melun Val-de-Seine, 20 communes sont passées de centaines de versions de logiciels PDF à un socle technique unique, géré par une direction informatique mutualisée. Le plus surprenant, c’est que cette mise en commun fait aussi économiser des centaines de milliers d’euros par an.

La newsletter des trucs qui marchent

📈 L'IA, LA GUERRE ET DES GROS CHÈQUES : Malgré les tensions au Moyen-Orient, le cycle d’investissement IA tient bon et les hyperscalers prévoient toujours 575 milliards de dollars de capex d’ici 2026, soit +50%. L’argent continue donc d’affluer vers les data centers, même en plein regain d’aversion au risque. Petit détail, l’écartement des spreads de crédit montre déjà que la solidité des bilans commence à être scrutée de beaucoup plus près.

Ludonomics

🌱 GREEN TECH EN APNÉE : 2 912 startups, 46 usines ouvertes depuis 2022 et 70% des boîtes hors Île-de-France, l’écosystème greentech français coche toutes les cases de la réindustrialisation verte. Le hic, c’est que les levées ont plongé de 41% en 2025, avec une seule méga-levée de 100 millions d’euros (WAAT) pour tenir la vitrine pendant que les investisseurs filent vers l’IA et la défense.

Maddyness

🤖 OPEN AI ACHÈTE LA DISCUSSION : OpenAI rachète TBPN, un talk-show tech de 11 personnes qui attire 70 000 viewers par jour et vise 30 millions de dollars de revenus pub, quelques semaines après avoir promis d’en finir avec les « side quests ». Curieux quand même, pour une boîte qui jure que le focus absolu doit rester sur les modèles d’IA, tout en intégrant une machine médiatique qui reportera directement à la com’ et aux affaires publiques.

ArsTechnica

💸 BOURSE SUR BLOCKCHAIN : Lise promet une bourse tokenisée « 24/7 » où chaque action devient un jeton blockchain, avec IPO facturée 30 000 euros contre 200 000 à 400 000 sur les marchés classiques.

Le timing interroge, quand même, pour une place ultra-tech qui démarre avec une petite IPO défense de « quelques millions » et un agrément obtenu il y a cinq mois à peine.

L’Opinion

🛰️ ​DES TOILETTES EN ORBITE : Sur Artemis II, le principal souci n’est ni la fusée ni la trajectoire, mais… les WC. La chasse d’eau high-tech d’Orion a enchaîné pompe capricieuse et évent bouché par de la glace, au point de forcer la NASA à « cuire » le tuyau en plein soleil avant d’annoncer, très sérieusement, que l’équipage était de nouveau « go pour tous les usages des toilettes ».

Bloomberg

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"Si cette semaine, vous avez fait autre chose que scroller LinkedIn... lucky you ! Pour vous, on a quand même sélectionné ce post de Gilles Babinet, entrepreneur et président de la Mission CaféIA, qui a attiré notre attention.

" La "IA jobapocalypse" est l'un des sujets le plus souvent évoqué ces jours-ci. Les programmeurs qui utilisent Claude code sont probablement ceux qui sont le plus convaincus que le monde est sur le point de basculer tant la production de code s'est améliorée, même si dans son podcast "HardFork, Kevin Roose démontre que les plans de "licenciement du fait de l'IA" de Meta, Block et d'autres sont en réalité des prétextes pour alléger la masse salariale. Le sujet est tellement hystérique que personnellement, je reçois au moins une fois par jour une demande d'interview sur ce propos, et cela depuis au moins un mois (je viens à l'instant d'en recevoir deux : l'un via WhatsApp l'autre via Linkedin).

En réalité, de nombreux travaux sont utilisés pour faire du sensationnalisme. Par exemple, le récent rapport d'Anthropic, plus mesuré que les précédents, est déformé jusqu'à lui faire dire que 40% des emplois de col-blancs devraient disparaitre sous 3 à 5 ans, ce qu'il ne dit nul part. Il dit en revanche que 40% des taches de cols blancs vont être affectées par l'IA, ce qui est tout à fait différent. On n'évoque pas non plus les études comme celle du Budget Lab de Yale ou les travaux de Andrew McAfee qui évoquent de nombreux métiers qui pourraient apparaitre dans l'environnement, la gestion du grand âge, la santé... du fait de ces technologies. Je le dis souvent : est ce que l'américain des années soixante aurait pu ne serait-ce qu'envisager qu'il y a près de 200 000 professeurs de yoga aux USA aujourd'hui ? Est-ce que l'on a à l'esprit que les postes d'ingénieurs ouverts aux USA sont toujours en augmentation ?

Je comprends la fascination que suscite les développements rapides de l'IA, l'impact évident que cela va avoir sur les métiers du chiffre et du conseil. Mais à moins d'avoir une productivité vraiment exponentielle, et donc de l'AGI et même plutôt de l'ASI à prix marginal et généralisée, ce que les experts au sein même des grands entreprises de modèles d'IA n'envisagent pas à court terme, il semble pertinent de ne pas privilégier ces hypothèses. Faute de quoi, nous prendrons les mauvaises décisions, ne préparerons pas utilement l'avenir et continuerons à enfoncer le potentiel des jeunes générations, ce que nous avons tout de même fait avec une remarquable efficacité ces trente dernières années.

Tout cela était il y a peu l'objet d'un débat sur RTL avec Eric Hazan François Miquet-Marty Bernard Quinio et moi même. Et j'avoue que je n'étais pas ravi que ce soit en conséquence d'un rapport qui évoque "5 millions d'emplois menacés en France" ; si je ne nie pas l'hypothèse, j'aurais aimé que l'on puisse rééquilibrer en rajoutant que l'opportunité d'en créer également beaucoup est tout aussi crédible. Le lien vers cette émission complète : https://www.youtube.com/watch?v=Cl6RsxUWZJ8 "

A la semaine prochaine !

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